Les plus gros scandales financiers du XX° siécle

Les deux principaux scandales financiers qui ont ruiné la France au XX° siécle
 
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 La dette et les assurances vie

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Gobelin

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Date d'inscription : 06/02/2011

MessageSujet: La dette et les assurances vie   Dim 6 Fév - 13:47


C'est à la prière d'un internaute que j'écris cet article. Il me demandait, qu'en est il de l'assurance-vie ?
Il faut replacer ça dans son cadre historique, vieux de plus de 5 siècles.

Dans les sociétés inégales, le patrimoine et l'argent s'accumule entre les mains de certains. La noblesse catholique résolvait le problème en dépensant tout et même au delà.

La Duchesse de Guise disait qu'elle n'avait que ses dettes pour vivre, mais qu'elle ne pouvait pas réduire son train de vie, car on l'aurait cru ruinée.

La bourgeoisie qui ne se noblifie pas a, selon Braudel, un gros problème. Comment placer son argent. Car aujourd'hui, c'est un poncif de dire qu'il faut placer.

D'abord, il n'y a pratiquement pas de débouchés à l'épargne.

La terre rapporte 2.5 %, les biens d'équipements comme les moulins, un peu plus, mais le problème c'est que ce sont des biens patrimoniaux dont on hérite des parts, mais qu'il est très difficile d'acquérir.

Prêter au roi rapporte plus, de 3 % à 5 %, mais celui-ci à tendance à se livrer à des "haircuts" à répétition, quand il n'annule pas tout simplement les dettes.

Le commerce colonial consomme beaucoup de capitaux. Mais on apprend dans les livres d'histoires que les navires ont une fâcheuse tendance à ne pas revenir d'Afrique, d'Amérique ou des Indes.

Toujours selon Braudel, le seul qui s'enrichisse, c'est, déjà le Madoff de l'époque, qui vend des placements aux autres, et prélève sa dîme au passage. Keynes fera la même constatation.

Dans tous les cas de figure, il y a celui qui prend les risques, et celui qui touche la commission.

Après la mise en place de l'état bourgeois au XIX° siècle, on voit apparaitre la rente. Les rentiers ne veulent pas de finances en équilibre (en France, seules 7 années du XIX° seront excédentaires ou équilibrées), mais d'un déficit pas trop élevé, qui leur permettent de placer leur argent, d'en avoir un certain rendement, sans remettre en cause leur capital.

Ce siècle sera leur apogée, car ils peuvent placer, mais aussi accumuler le métal. L'or et l'argent, en quantité quasi symbolique jusqu'au XVIII°siècle, voient l'exploitation et la production exploser.

Ils peuvent tout à fait, à la fois placer dans les fonds d'état, accumuler les écus et placer à l'étranger.

On arrive ainsi à 1914. La bourgeoisie s'est vu comblée par le versant ascendant du "pic de hubbert", appliqué à la production d'or.

Le XX°, lui, voit la situation se détériorer. D'abord le freinage de la production d'or est patent. Si elle progresse encore, on est très loin de l'envol du XIX° siècle (elle a au moins été multipliée par 10).

Aujourd'hui, la quantité annuelle produite (2500 tonnes), devient modeste par rapport aux stocks (120 000 tonnes), soit un taux de croissance de 2 %, qui correspond aux médiocres années du 17 et 18° siècles. La croissance est aussi une croissance des stocks d'or.

A la fin du XVIII° siècle, les stocks mondiaux sont modestes, de l'ordre de 2000 tonnes. N'importe quelle ruée vers l'or gonfle la masse d'or de manière importante.

1914 portera le coup fatal aux placements financiers "sans risques", comme les fonds d'états et les placements à l'étranger.

C'est aussi que la période 1815-1914 est, à l'échelle de l'humanité fort pacifique. Au contraire des siècles précédents, toujours en guerres, les états européens continueront à la faire, mais en pointillé, de temps en temps, quelques mois, pour ne pas perdre la main, mais on sent très bien partout, le volcan social dont les guerres de la révolution et de l'empire ont fait prendre conscience.

Quand aux conflits coloniaux, ils seront vite réglés, le différentiel de civilisation et d'équipements militaires feront que des très "petits paquets", suffiront à conquérir des territoires que les populations et les états auront interdits aux occidentaux les siècles passés.

La guerre de 1904 en Namibie, par exemple, est réglée par un tout petit corps expéditionnaire, mais abondamment doté de mitrailleuses Maxim.

On en revient toujours à la même recette : écraser le maximum d'ennemis au minimum de coût. Les guerriers européens de l'époque sauront faire et éviteront de se marcher sur les pieds...

Comme le XX°siècle sera beaucoup moins pacifique que le XIX°, la bourgeoisie va être déclassée, la monnaie n'est plus convertible, si la dette a explosé de 60 milliards à 300 en France, la monnaie va perdre 80 % de sa valeur, et les placements à l'étranger, évaporés. De 45 milliards de francs or, il ne reste que 15 milliards en 1920 (1.5 en 1945), les emprunts russes sont les plus connus, mais les emprunts austro-hongrois et ottomans subiront le même sort que les empires auxquels ils étaient liés.

Comme on a la trouille de la révolution politique, que les morts, les invalides, les veuves et les orphelins peuvent difficilement être taxés, on prendra aussi l'habitude de monétiser le déficit.

La France entre en guerre en septembre 1939, pour en sortir en 1962, et même largement plus tard...

Contrairement à ce que dit Giscard, l'inflation des années 1950 n'est pas causée par les avances automatiques de la banque de France à l'état, mais par l'état de guerre permanente. Si tout le monde connaît la seconde guerre mondiale, personne ne pense qu'elle a été immédiatement suivie par la guerre d'Indochine, puis par la Guerre d'Algérie.

La France a aussi vécu, comme l'URSS l'éclatement de son empire, et ne l'a pas accepté plus que les empires précédents, elle n'a cédé que contrainte et forcée.

Pour Giscard, en 1973, "il s'agissait à l'époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu'il soit émis par une entité privée ou publique. "

En d'autres termes il s'agit de donner à la bourgeoisie les titres du XIX°siècle dont elle était friande, pour asseoir son hérédité.

1973, comme Maastricht, comme le reste, répond aux attentes de la bourgeoisie : du déficit; mais pas trop, pour donner aux garnements cocaïnomées qui sont leurs enfants, la domination sociale à laquelle ils ne peuvent pas prétendre du fait de leur incompétence.

Il n'est pas anodin que la loi du 3 janvier 1973 ait été introduite par le couple Pompidou-Giscard, elle leur ressemble beaucoup.

L'assurance-vie, c'est en gros cela. C'est un outil de domination et de diffusion de la dette publique, d'un peu de dette privée, et de quelques actions.

Bien entendu, comme toujours, aucune domination n'étant éternelle, cette tentative de domination se cassera les dents sur certaines contraintes :

- les budgets ne sont plus compressibles à partir d'un certain point, comme démontré par les cas argentins et russes, et on finit par trouver des hommes politiques ambitieux, plus préoccupés par le goût du pouvoir que par l'argent,

- Les masses finissent par se révolter, même si cette fois "c'est impossible", la bourgeoisie poussera toujours plus loin jusqu'au point de collapsus, l'appétit du lucre, comme la bêtise, sont infinis,

- les contraintes physiques : pic de tout, et même quand la production progresse encore, comme le cas de l'or, ça devient ridicule en vérité (2 %), pour satisfaire les appétits, Le XIX° siècle a été complètement atypique, par le gonflement extraordinaire de la masse d'or disponible,

- sentiment classique de "fin de règne", où, tout bêtement, les gens ne croient plus au système, et aucun système n'est capable de fonctionner sans confiance.

Même l'URSS sous Staline tournait avec le sentiment profond d'une amélioration phénoménale des conditions de vie de la population.

Quand les allemands envahirent l'URSS, le sentiment de la population était que "cette fois, nous aurons les moyens de nous battre"...

Le cas égyptien, comme le cas tunisien, est emblématique.

Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées, il faudra, comme a dit je sais plus qui, "cultiver son jardin..."

Les activités inutiles des branleurs vont disparaître, et vont rester, ou renaître les activités de production.

Par Patrick REYMOND - Publié dans : Economie - Communauté
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